Au commencement était l’amour !

Publié le par Louis

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Beaucoup dans les milieux « nationalistes » et « patriotes » s’interrogent sur la raison de leurs défaites successives et récurrentes dans le domaine politique.
Il me semble que ces « défaites » sont, en réalité, la conséquence d’un vice fondamental de la mentalité pessimiste de notre « milieu » : le mépris de nos contemporains que nous considérons - à tort ou à raison, le problème n’est pas là – comme des crétins lâches, lobotomisés, conformistes et incultes (j’en passe et des meilleurs).

En septembre 2001, un ami me disait en rigolant à la fête de BBR : les Français sont tellement cons qu’ils sont capables de voter pour nous. Six mois après Le Pen accédait au deuxième tour de la présidentielle ce qui semblait lui donner raison. Six ans après le FN sombre.

Le problème en politique, c’est que si vous méprisez les électeurs, ils le sentent et ne viendront pas vers vous.
A l’inverse, Christian Chaton, Conseiller général alsacien et l’un des très rares élus identitaires au scrutin majoritaire, écrivait il y a quelques jours :
« Etre un élu local suppose d’AIMER les gens. Eh oui! Les AIMER. Avec leurs défauts, leurs insuffisances et leurs qualités. Et une de leurs qualités c’est d’être susceptibles de voter pour nous. Mais ça c’est à nous de le mériter. »

Cette réflexion magnifique illustre la nécessité que nous avons de faire désormais une véritable révolution mentale en considérant nos voisins, nos collègues de bureau, de fac., de lycée comme des électeurs potentiels, comme des sympathisants Identitaires potentiels que nous pouvons convaincre en les considérant, c’est-à-dire en les aimant et en les écoutant, et non pas en les méprisant.
Christian Chaton est un élu qui passe ses journées à rendre visite à des personnes âgées, à aller sur les marchés serrer des mains, recevoir les doléances des électeurs concernant la réfection des trottoirs, l’emplacement des panneaux de signalisation ou les problèmes d’endettement des agriculteurs de son canton…toutes choses que beaucoup de gens dans nos milieux trouvent méprisables, inutiles et, disons le, chiantes.

Je côtoie depuis plusieurs années des maires, des conseillers généraux, des députés PS ou UMP qui gèrent des villes de 50.000 ou 100.000 habitants et qui sont réélus avec des scores de 50 ou 70 % des voix. Or, ces élus ne sont jamais méprisants avec leurs électeurs ; comme Christian Chaton, ils passent des heures à les écouter, à les recevoir pour des questions d’urbanisme, pour des soucis familiaux, des histoires de chômage ou de surendettement. Ces élus aiment leurs électeurs et leurs électeurs les aiment… et donc les élisent.

On ne peut faire de la politique et militer qu’après avoir pris conscience d’une certaine forme d’amour, pour ceux qui nous entourent. Il faut regarder nos contemporains avec sympathie.

Julien Freund, à la suite d’Aristote, écrivait que le bien commun est le but du politique (voir L’Essence du Politique, éd. Sirey, n° 151) et que cette recherche du bien commun passe par l’amitié.
Le souci de l’autre se traduit en effet par la philia (amitié, solidarité) dont parle Aristote. La philia, quel que soit l’équivalent en français, c’est la réserve de chaleur humaine, d’affectivité, d’élan et de générosité qui nourrit et stimule le compagnonnage humain au sein de la Cité : et cela à travers les fêtes, les plaisirs et les jeux comme à travers les épreuves….

Regardons les réussites dans les milieux non-conformistes et dissidents en examinant de près, par exemple, les écoles catholiques hors contrats que les traditionalistes montent un peu partout en France. Ces écoles supposent un investissement financier et matériel colossal : les scolarités sont parfois de 600 euros par trimestre par enfant, les mamans viennent faire le ménage dans les classes des enfants le soir, encadrent les activités péri-scolaires, les enseignants sont mal payés et, au final…des dizaines de milliers d’enfants s’épanouissent chaque années dans ces écoles.
Cette réussite est le fruit d’un immense amour que l’on porte à ses enfants et au souci de leur donner une scolarité cohérente avec les valeurs familiales.

On ne peut pas donner de l’espoir et de l’enthousiasme si on est soi-même un raté ou un aigri et qu’on reporte cette mentalité sur la chose publique et notre entourage.
Nos voisins, nos collègues sont des gens susceptibles de voter pour nous et de nous rejoindre : c’est à nous de le mériter par la qualité de notre message, notre capacité à comprendre leurs problèmes et y apporter des réponses concrètes.
Cela suppose plus qu’un changement de méthode militante ou de stratégie politique ou métapolitique : cela suppose un changement de mentalité, une autre façon de « penser » et de regarder les autres.
Sur ce point, nous devons faire notre révolution culturelle et partir du principe : « au commencement était l’Amour » !

Jérôme D.

(Source: www.blog-identitaire.com)

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