L’explication de l’élection de Vladimir Poutine par les chiffres

Publié le par Unité

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La stratégie politique de Vladimir Poutine rappelle un peu celle de Salazar quand il fut porté au pouvoir en 1926. Salazar s’était attaché, dès les premières années de son mandat, à refaire naître dans l’âme de chaque Portugais la fierté de son pays et de ses racines chrétiennes. Il avait ensuite entrepris une grande réforme économique et sociale du pays en réorganisant toutes les institutions représentatives et décisionnelles du tissu politique, économique et juridique portugais. Les finances aidant, il a alors entamé la restauration du patrimoine et le développement des arts donnant ainsi naissance à une des plus importantes périodes de prospérité du Portugal.

La stratégie de Vladimir Poutine est à peu près similaire. Ses premières décisions ont été de réformer la Constitution et les institutions russes pour permettre de retrouver l’unité de la Russie. Il a ensuite redonné à l’église orthodoxe la place qu’elle avait à l’époque de la Russie tzariste. Le peuple russe a retrouvé aujourd’hui sa fierté et ceci porte Vladimir Poutine à accroître les ambitions de sa Patrie. Nous avions souligné dans un précédent article (1) l’importance de la marine de guerre, sa politique de réarmement pour redonner à la Russie son statut de super-puissance n’est donc pas surprenante. Une dépêche de l’agence de presse RIA Novosti (2) du 6 décembre 2007 nous apprend « qu’après l’aviation stratégique, la Marine de guerre russe rétablit sa présence dans les différentes régions de l’Océan mondial » (3). Ainsi la Russie assurera la défense de sa marine marchande dans le Nord-Est de l’Atlantique et dans la Méditerranée par la présence de « 4 navires de guerre, 7 bâtiments des Flottes du Nord, de la Mer Noire et de la Baltique, 47 avions et 10 hélicoptères » (4). Plus qu’une super puissance, Vladimir Poutine veut redonner à la Russie son statut d’empire. Une rumeur du 7 décembre dernier lancée par la radio Echos de Moscou dirait que Vladimir Poutine pourrait éventuellement être nommé à la tête de l’ « Union de l’Etat Russie-Bellarussie » (5).
Si ces rumeurs s’avèrent vraies, les performances de la Russie joueront en tout cas en sa faveur. La Russie a enregistré une croissance de 7% de son PIB en moyenne depuis 5 ans (6) et cette croissance ne vient pas uniquement des rentes pétrolières puisque la production de machines-outils, de produits électroniques et logistiques a connu une croissance de 17% par an. Ceci a permis à la Banque Centrale Russe d’avoir la troisième réserve d’or et de devise mondiale. Son budget excédentaire de 4% (7) est investi dans un fonds, appelé « Fondation pour les générations futures, » (8) réparti dans plusieurs banques européennes. Ces fonds vont permettre de faire face aux dépenses colossales nécessaires au développement des infrastructures.

Ses priorités sont aujourd’hui l’amélioration des conditions matérielles du peuple russe en matière de pouvoir d’achat, de logement et de santé et la relance de l’agriculture (9). Et les premiers résultats sont plutôt optimistes : la croissance des salaires des ménages russes hors inflation a été de 11% (10) en 2006 ; on anticipe une croissance de 15,1% des salaires en 2007 (11) et les secteurs les mieux orientés sont l’exportation, le bâtiment et le négoce. Entre ses deux mandats, la part des ménages vivant en dessous du seuil de pauvreté est passée de 40% à 20% (12). Les investisseurs étrangers ne se trompent pas puisque, alors que la Russie se réveillait à peine de la crise du rouble de 1998, les flux nets de capitaux ont déjà dépassé en novembre les 3 milliards de dollars.

Il est important pour nous de noter que ces deux chefs d’Etat ont suivi les mêmes grandes lignes de politique intérieure et qu’ils ont réussi admirablement. Salazar comme Vladimir Poutine sont d’ailleurs les deux seuls chefs d’Etat nationalistes à avoir assurer leur succession. L’efficacité de ces orientations doit nous pousser à réfléchir sur une politique à élaborer pour la France. Puisque ces orientations adaptées à leur pays et à leur contexte géopolitique ont réussi par deux fois, pourquoi ne réussiraient-elles pas pour la France ?

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(1) Article Dies Irae du mardi 6 novembre 2007, Sous-marins sous estimés
(2) Les agences de presse Ros Business Consulting et RIA Novosti sont données en lien sur le site de l’ambassade de France. Elles sont donc tout à fait officielles.
(3) Dépêche « Marine de guerre : la Russie gonfle à nouveau les muscles devant l’Occident » du 6 décembre 2007 de l’agence RIA Novosti.
(4) opus cit.
(5) Ainsi nommé dans la dépêche « New Role for Putin » de l’agence de presse russe Ros Business Consulting du 7 décembre 2007.
(6) Chiffre avancé par Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse, ayant accompagné le secrétaire d’Etat Hervé Novelli lors d’un voyage en Russie pendant la dernière élection. (cf. Valeurs Actuelles n° 3706 du 7 décembre 2007)
(7) Opus cit
(8) A l’image des fonds créés par l’Etat suédois
(9) Cf. « Politique Agricole, Sarkozy continue … en pire » ( article Dies Irae)
(10) Valeurs Actuelles n°3706 du 7 décembre 2007
(11) Dépêche « Russian wages expected to rise » de l’agence de presse russe Ros Business Consulting du 7 décembre 2007.
(12) Figaro du 4 décembre 2007, « Poutine capitalise la fierté russe retrouvée » de Fabrice Nodé-Langlois

http://www.dies-irae.eu/

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