Militant connu d'extrême droite et major de l'agregation.

Publié le par Unité

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Le titre est prestigieux, mais le nom fait un peu tiquer dans le milieu juriste universitaire. Le major de l'agrégation en histoire du droit cette année est Benoît Fleury, un ancien chef du GUD, mouvement étudiant d'extrême droite aujourd'hui dissous.

Le droit, l'homme qui se dit ouvertement antisémite dans une interview donnée en 1999 à «L'Echo des Savanes» le connaît. Et pour cause: il est un habitué des chambres correctionnelles et de la section disciplinaire de l'université Paris-II, fief du GUD. «Son nom est resté connu à Assas, bien qu'il ait dirigé le GUD que de 1995 au début des années 2000», explique Talia, une ancienne dirigeante du syndicat de gauche Unef. «Il est connu pour ses actions violentes.»

Exclu à plusieurs reprises

Benoît Fleury avait en effet été exclu plusieurs fois de l'université pour de multiples agressions, injures racistes, manifestations antisémites et incendie du local de l'Unef. Il avait été également condamné à trois mois de prison avec sursis en 1998 pour avoir agressé d'autres militants d'extrême droite.

Dans l'interview à «L'Echo des Savanes», le militant se revendique du Belge Léon Degrelle, un ancien SS, ou de Nasser et Saddam Hussein. Il assume la violence: «Nous, partout où il peut y avoir de la baston, on y va. (…) Il faut être prêt à aller jusqu'au bout.»

Son engagement extrémiste provoque une levée de boucliers en octobre 2000, lorsque l'école doctorale lui attribue une bourse d'environ 6.500 francs (1.000 euros environ) par mois pour sa thèse. Ce qui ne l'empêchera pas de présenter une thèse en 2006 sur «l'abdication dans le droit public européen de l'époque moderne». Son engagement est moins évident après la dissolution du GUD, mais il continuerait à fréquenter les milieux d'extrême droite. «Je l'ai vu il y a quelques années à une manifestation contre l'avortement», raconte Talia.

Nommé par le président de la République

«L'agrégation d'histoire du droit est extrêmement prestigieuse, car elle est l'une des rares à offrir directement le poste de professeur des universités», confie à 20minutes.fr un professeur d'Assas. A ce titre, Benoît Fleury devrait être nommé par décret par le président de la République en personne. En tant que major, il est prioritaire pour son affectation. «Pour être agrégé, il faut être coopté par un petit milieu», se désole le professeur. Benoît Fleury aurait-il bénéficié de la mansuétude de certains professeurs dans un milieu réputé très à droite?

Rien ne le prouve, mais en tous les cas, cette nomination ne laisse pas indifférents les milieux universitaires. «Ca râle chez les profs de gauche», raconte l'enseignant. Lundi, un blog spécialisé dans l'histoire du droit a fermé en raison du «débat (passionné) qui a suivi la proclamation des résultats de l'agrégation».

Source: 20 minutes

Publié dans Information Nationale

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