Match de fraternité.

Publié le par Unité


"Ce qui devait être hier soir une grande fête du football, de la fraternité et de l’union contre le racisme et toutes les discriminations, a été en partie gâché par une poignée d’imbéciles remplis de haine, et ceci malgré les mesures de sécurité prises et la rapidité de notre intervention immédiatement après."

 Ainsi débute le réquisitoire de Frédéric Thiriez, président de la Ligue de Foutebôl Professionnelle, publié sur le site de ladite Ligue, contre l’ignominie abominable qui étend des banderoles sur les stades comme la bête immonde étendrait son linge poisseux entre les étages de l’Enfer de Dante. “Pédophiles, chômeurs, consanguins, bienvenue chez les ch’tis”, clamait la banderole haineuse. Le président de la république menaça de partir, le maire de Paris boycottagea la remise des prix et les bonnes âmes s’enflammèrent contre cette nouvelle atteinte à… à quoi, d’ailleurs ?

Frédéric Thiriez, ancien avocat aux Conseils, a gardé les défauts de son ancienne profession, qu’un bref passage par l’ENA n’aurait fait qu’aggraver s’il n’avait été antérieur. De grands principes, il se repaît. De grandes idées, ils se nourrit. Au point d’oublier que, non, la finale de l’autre jour n’était pas de fraternité et d’union contre le racisme, mais plus simplement de foutebôl, c’est-à-dire d’un sport où vingt simplets courent après un projectile rond et bondissant en tentant, dans une parodie guerrière, d’introduire un boulet de canon dans une cible prédéfinie, après élimination des adversaires. Ah oui, en terme de fraternité, il y a mieux. Fumer des pétards en rond autour d’un feu de camp, en buvant des bières dans des gobelets en carton pour sauvegarder la planète, par exemple.

Moi, cette bannière m’a fait rire. Pas au niveau de son message, qui ne fait que révéler que les supporters ont un niveau intellectuel à peine comparable à celui des joueurs (c’est dire). Mais par son message à contrecourant. A force de multiplier les messages moralisateurs, d’une pudibonderie toute républicaine, les censeurs ne font que provoquer ces comportements ; un peu comme des parents un peu sévères et tentés par la leçon de morale systématique connaîtrait chez leur teenager de rejeton des attitudes diamétralement opposées à leurs attentes. Ils tuent le père, en quelque sorte.

Comment s’en sortir ? Soyons clairs, il y en a deux. Le premier est invraisemblable, puisqu’il consiste à respecter la liberté d’expression ; ne pas prêter attention à des propos qui peuvent choquer, et laisser les vraies victimes s’en plaindre si bon leur semble. Mais surtout ne pas en faire une question de principes. A l’opposé de ce qui se fait aujourd’hui, en résumé. Le second est beaucoup  plus réaliste : sanctionner, punir, condamner, entôler, embastiller, décapitationner, guillotiner sauvagement les contrevenants jusqu’à ce que mort s’ensuive. Afin de leur claquer la gueule une fois pour toutes, et de faire taire pour toujours toute tentative de déviance.

Source: http://www.tcherno.neo.cx/

Publié dans Information Nationale

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