Des CRS chassés par des étrangers

Publié le par Unité


Un fonctionnaire a dû tirer deux coups de feu en l'air pour disperser une quinzaine d'assaillants masqués et armés

 

Un équipage de six CRS (compagnie républicaine de sécurité) a été pris sous un jet nourri de pierres, samedi soir à Pau (64). L'incident s'est produit vers 22 h 15, en plein coeur du quartier de l'Ousse-des-Bois, alors que les fonctionnaires contrôlaient les occupants d'une BMW, rue de Portet.

Au moment où le chef de bord regagnait son fourgon Boxer afin d'interroger le système informatique, une quinzaine d'individus masqués ont fait leur apparition, armés de pierres, de barres de fer et de battes de base-ball. Deux fonctionnaires ont été blessés dans le caillassage - ce qui leur a valu deux jours d'interruption totale de travail (ITT). Leurs agresseurs venant quasiment au contact et tentant de pénétrer dans leur fourgon, les CRS n'ont pas pu quitter les lieux.

Dans cette situation délicate, le chef de bord a pris la décision de sortir son arme de service et de tirer deux coups de feu en l'air. Ce qui a eu pour effet instantané de disperser le groupe d'assaillants, et a permis à l'équipage d'appeler des renforts. Une trentaine de fonctionnaires se sont alors rendus sur place. Parmi eux, des effectifs locaux et d'autres policiers de la CRS 6 de Saint-Laurent-du-Var, en mission de sécurisation pendant les vacances scolaires à Pau. Des patrouilles ont été maintenues toute la nuit, sans qu'aucun autre incident ne soit signalé. 

Enquête ouverte. L'épisode de samedi soir n'a duré que deux ou trois minutes. Mais, de mémoire de policier palois, il ne s'en était pas produit d'aussi violent depuis décembre 2006. À l'époque également, des CRS caillassés avaient dû faire usage de leur arme pour se dégager.

Réaction au contrôle routier ou simple opportunité de « caillasser » ? Les enquêteurs du commissariat de Pau n'excluent aucune hypothèse. Des expertises devraient être menées sur les pierres jetées afin d'y retrouver des traces d'ADN.

Du côté des syndicalistes policiers, Damien Leblanc, de SGP-FO, remarque que « chaque fois que des condamnations sévères ont été prononcées dans ce genre d'affaire, cela a eu le mérite de calmer le jeu. Le problème, c'est que la tolérance zéro s'applique parfois plus au bord des routes qu'à l'intention des vrais voyous ».

Au-delà de cet appel à la sévérité, Damien Leblanc - lui-même fonctionnaire à la BAC et déjà pris sous des jets de pierres - propose la tenue d'une « table ronde » associant « des représentants de la hiérarchie policière, des syndicats, de la justice et de la mairie ».

Publié dans Information Locale

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