Jacques Colombier: élections et positionnement du FN




Jacques Colombier, secrétaire départemental et régional du Front National a accepté de répondre aux questions d’Union-Bordeaux pour donner son analyse des élections municipales et de l’actualité.


Monsieur Colombier, quel est votre parcours au sein du Front National ?

 

Je suis entré au Front National en 1975 à l’âge de 23 ans après avoir vu Jean-Marie LE PEN en réunion publique. Je me suis alors dit qu’il  disait tout haut ce que je pensais tout bas, réaction de plus en plus partagée dans les années qui suivirent. En 1975 le Front National était un mouvement politique en construction dans ces premières années du « Giscardisme » où un président de droite faisait une politique de centre gauche. Devenu secrétaire départemental en 1984, puis secrétaire régional pour le Front, Jean-Marie LE PEN me nommait membre du Bureau Politique.

Comme mandat électif je fus élu Conseiller Régional d’Aquitaine et président du groupe FN en 1986 jusqu’à ce jour. En 1989, je devins Conseiller Municipal de Bordeaux jusqu’aux dernières élections municipales de mars.

 

Que pensez vous du score que vous avez réalisé aux municipales de Bordeaux ?

 

Ce ne fut pas un bon score à moins de 5%. Il fut décevant malgré une campagne active sur le terrain. Deux handicaps se sont fait jours, le manque important de financement qui nous a empêché de toucher tous les foyers bordelais avec un journal municipal et programmatique et un silence médiatique quasi total sur Bordeaux. La sur-médiatisation des deux candidats Rousset / Juppé interchangeables dans leur programme, fait penser à la célèbre formule « du pain et des jeux » où deux gladiateurs ont été mis eux seuls, sous les projecteurs sans aucun débat avec les autres listes et donc d’autres choix municipaux comme politiques.

 

 

Est selon vous un problème de positionnement politique ou un problème d’implantation sur le terrain qui explique ces faibles scores au niveau national ?

 

Il faut reconnaître que nous avons un problème d’implantation et de reconnaissance politique dans les grandes villes françaises et les zones très urbanisées. Cela tient à mon avis à un problème d’implantation sur une terrain beaucoup plus difficile en zone urbaine et surtout au clientélisme des maires en place quand il n’y a pas substitution de population. Le Front National est aussi beaucoup plus reconnu pour ses analyses et propositions sur les grands problèmes nationaux que sur ceux de simple gestion municipale ou cantonale.

 

 

Quel est selon vous l’avenir du Front National à l’échelle locale et nationale ?

 

Il ne faut pas se focaliser sur les élections très locales qui ne nous sont pas favorables, nous le savons depuis des années. Au plan national, Jean-Marie LE PEN est tout de même arrivé 4ème de l’élection présidentielle avec un score à deux chiffres, les autres candidats ont été purement et simplement laminés. Ce qui démontre la pérennité du Front National dans le paysage politique français depuis des décennies, même lorsque les conditions ne sont pas favorables. D’autre part, Nicolas Sarkozy fut élu, nous le savons tous, sur les propositions du programme du Front National, littéralement volées par le candidat UMP de la présidentielle 2007. Ceci démontre que ces idées étaient bonnes et correspondent surtout à l’attente majoritaire des français, ce qui nous laisse de grands espoirs pour l’avenir.

 

 

Certains accusent le Front National de tenir un langage trouble quand à la question de l’identité française et de l’immigration. Est-ce que selon vous les personnes acquérant la nationalité grâce au droit du sol sont Françaises ?

 

Le Front National a toujours été très clair sur ces deux questions d’identité et d’immigration. Nous considérons que l’on est français en acquérant la nationalité par ses parents donc par le droit du sang, ou en ayant la volonté de l’acquérir, en le demandant et avec entre autre, l’amour de la France, la maîtrise de connaissances minimum comme la langue, un casier judiciaire totalement vierge et la connaissance des droits et des devoirs qu’ils acquereraient avec la nationalité française. Alors la France choisit ou non le candidat.

 

 

Quel doit être le discours du Front National à ce sujet ?

 

Il doit être celui qu’il a toujours été c’est à dire extrêmement clair. Sachant que la nationalité hors du droit du sang ne s’acquière pas automatiquement par le fait de le demander ou par le fait d’être entré sur le territoire national ou d’avoir pris la peine d’y venir à la génération précédente.

 

 

Vous qui luttez depuis plusieurs années contre l’implantation d’une grande mosquée à Bordeaux, pensez-vous que l’Islam est compatible avec la France ?

 

Je dénonce depuis des années le projet hallucinant de l’implantation non seulement d’une grande mosquée de 2 000 places dans le quartier de la Bastide mais d’un « véritable Centre Islamique » avec auditorium, bibliothèque; commerces, salle d’association et école où l’on dispensera des cours de Coran et de langue arabe tourné de plus vers l’extérieur c’est à dire vers les français de souche !

Il ne s’agit donc pas d’une énième implantation de salle de prière mais d’un véritable projet de prosélytisme religieux et d’une religion dont certains aspects ou recommandations sont totalement incompatibles avec notre civilisation, notre culture, nos traditions et la religion chrétienne encore récemment dominante dans notre pays. Je rappelle, une fois de plus, que les responsables de cette folle politique d’immigration incontrôlée ne sont pas les hommes, à savoir les immigrés eux-mêmes, mais les politiciens français qui depuis des décennies laissent entrer dans notre pays des millions d’étrangers contre les intérêts des français.

 

 

Reprochant au Front National des déviances doctrinales, un certain nombre de groupes politiques sont en train de se créer en concurrence de celui-ci. Est-ce du à la volonté de certain de dédiaboliser le mouvement ?  Quelle est votre analyse ?

 

La vie d’un mouvement politique est faite de hauts et de bas et comme toute association un certain nombre de personnes pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’intérêt général ni l’intérêt du combat qu’ils mènent sont en désaccord sur telle ou telle question.

Jean-Marie LE PEN et cela est une évidence, a toujours œuvré pour le rassemblement du plus grand nombre de nationaux et des français autour d’un programme national qui peut toujours être amélioré mais qui a l’avantage d’exister et de recueillir l’assentiment de millions de français. Tant que les axes et propositions politiques de ce programme sont ceux-là, toute autre considération de personnes ou de détails sont secondaires.